‘Je Crains Pas Ça Tellment’ est un poème saisissant de Raymond Queneau qui, avec un ton à la fois léger et grave, traite des thèmes universels de la mort, de la souffrance et de la recherche du sens. Écrite dans le contexte dynamique du 20ᵉ siècle, cette œuvre révèle la manière dont Queneau fusionne humour et mélancolie, interrogeant notre rapport à l’existence. Ce poème continue de résonner pour les lecteurs contemporains, invitant chacun à réfléchir sur sa propre perception de la peur et de la mort.
Je crains pas ça tellment la mort de mes entrailles et la mort de mon nez et celle de mes os Je crains pas ça tellement moi cette moustiquaille qu’on baptisa Raymond d’un père dit Queneau Je crains pas ça tellment où va la bouquinaille les quais les cabinets la poussière et l’ennui Je crains pas ça tellement moi qui tant écrivaille et distille la mort en quelques poésies Je crains pas ça tellment La nuit se coule douce entre les bords teigneux des paupières des morts Elle est douce la nuit caresse d’une rousse le miel des méridiens des pôles sud et nord Je crains pas cette nuit Je crains pas le sommeil absolu Ça doit être aussi lourd que le plomb aussi sec que la lave aussi noir que le ciel aussi sourd qu’un mendiant bêlant au coin d’un pont Je crains bien le malheur le deuil et la souffrance et l’angoisse et la guigne et l’excès de l’absence Je crains l’abîme obèse où gît la maladie et le temps et l’espace et les torts de l’esprit Mais je crains pas tellment ce lugubre imbécile qui viendra me cueillir au bout de son curdent lorsque vaincu j’aurai d’un œil vague et placide cédé tout mon courage aux rongeurs du présent Un jour je chanterai Ulysse ou bien Achille Enée ou bien Didon Quichotte ou bien Pança Un jour je chanterai le bonheur des tranquilles les plaisirs de la pêche ou la paix des villas Aujourd’hui bien lassé par l’heure qui s’enroule tournant comme un bourrin tout autour du cadran permettez mille excuz à ce crâne — une boule — de susurrer plaintif la chanson du néant
En conclusion, ‘Je Crains Pas Ça Tellment’ de Raymond Queneau nous encourage à affronter nos peurs tout en nous rappelant que la vie et la mort sont inextricablement liées. Nous vous invitons à explorer davantage les œuvres de cet auteur unique et à partager vos impressions sur ses réflexions poignantes.
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