Dans ‘Le Nom’, le poème de Patricia Farazzi, l’auteur explore les complexités des souvenirs et de l’émotion humaine. Écrite au 21ᵉ siècle, cette œuvre nous interroge sur notre identité et la place de nos ressentis dans un monde souvent indifférent. Chaque image évoquée, de la larme à l’oiseau, invite le lecteur à plonger dans une réflexion intime et douloureuse sur l’existence.
Le nom du plus petit caillou est Lacryma. La larme est la chose la plus petite des choses et la plus petite des choses n’est visible qu’à l’oeil nu. Voilà. Un jour nous choisissons de laisser tomber le masque et grande est la surprise. C’est en chacun de nous que le ciel s’enracine? Mais ne vas pas chercher autre chose qu’un étirement sans fin de couleurs. Soudain si je te demandais : que sais-tu? que pourrais-tu répondre? Ta langue serait tétanisée. Dire c’est trop dévoiler. Il y a une foule à ta porte. Il y a un océan dans chaque regard. Il y a dans cette ville quelqu’un qui ne comprend plus et qui pleure. Il y a des mains usées qui parlent. Il y a des bouches peintes qui se tendent. Il y a des peaux nues qui se rencontrent. Il y a le vent. Et il ne s’arrête jamais pour nous plaire. Là, précisément là finit notre pouvoir, à ce seuil. Feuille, nous avons la certitude de la saison. Humain, nous ne comprenons pas le poids. L’oiseau ne cesse de nous le répéter. Oiseau, frère de lait, tétant la même aérienne mamelle. Tant d’air nous mangeons et nous ne gonflons pas! et nulle caverne ne se creuse dans les falaises de l’éther. Tant d’air! Et l’oreille devient le substrat du coeur. Je ne me souviens ni des faits ni des exclamations. Je me souviens d’une falaise rouge, d’un bébé pieuvre, d’un sourire, d’un citronnier, de l’odeur du premier métro, d’un caillou, d’un nuage, d’un baiser, d’une blessure, d’un feu entre les murs, d’une ride, d’une vague, de la forme d’une fesse, d’une larme. Je me souviens d’une larme. Et un enfant me dit qu’il y a plus pire. Qui vole un oeuf, vole un boeuf. Et qui affame des millions d’enfants bâtira-t-il un empire? Sans doute. Et les proverbes n’ont jamais faim. Dans cette chambre, séjourne une voix, elle n’est pas nuisible, elle est propre, elle dit l’objet, le sillon, le bol où se caille le lait, le nom d’un insecte, l’âge d’une larme, la forme d’une rime, la taille d’un pied, l’écart, la valeur d’une note, une lettre, une simple lettre ou Rien Entrer dans une goutte, trouver son coeur, écouter ses battements et tout doucement s’y dissoudre Katabasiquement mais ça ne dure pas…
En parcourant ‘Le Nom’, le lecteur est amené à réfléchir sur ses propres souvenirs et émotions. N’hésitez pas à découvrir d’autres œuvres de Patricia Farazzi pour explorer davantage les thématiques de la mémoire et de l’identité.
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