Mandalay, écrit par Rudyard Kipling en 1892, est un poème qui évoque la nostalgie d’un endroit emblématique de l’Orient, la Birmanie. Plongé dans un mélange de souvenirs amoureux et de paysages enchanteurs, Kipling transporte le lecteur dans sa quête pour retrouver la beauté et la simplicité d’une vie loin des contraintes occidentales. Ce poème reste un classique, captivant par ses descriptions vibrantes et son ton mélancolique.
A Moulmein près de la vieille Pagode, regardant la mer à l’est, Est assise une jeune Birmane, et je sais qu’elle pense à moi; Car il y a du vent dans les palmiers, et les clochettes du temple disent: « Reviens-t-en, soldat Britannique; reviens-t-en à Mandalay! » Reviens-t-en à Mandalay, Où la vieille Flottille est en panne: N’entends-tu pas le lourd travail des aubes de Rangoon à Mandalay? Sur la route de Mandalay, Où jouent les poissons volants, Et L’aurore se lève comme l’orage, en Chine, de l’autre côté de la Baie! Son cotillon était jaune et son petit bonnet était vert, Et son nom était Supi-yaw-lat-, exactement le même que celui de la reine épouse du roi Thibaud, Et la première fois que je la vis, elle fumait dans un fume-cigare blanc, Et gaspillait des baisers chrétiens au pied d’une idole païenne; Idole repue faite de boue_ Qu’ils appelaient le Grand Dieu Boudd_ Brave petite, comme elle s’en souciait des idoles quand je l’embrassais sur place! Sur la route de Mandalay… Quand la bruine recouvrait les rizières et que le soleil descendait lentement, Elle prenait son petit banjo et elle chantait « Kulla-lo-lo! » Son bras sur mon épaule et sa joue contre ma joue Nous regardions les vapeurs et les hathis* empilant le teck. Elephants empilant le teck Dans la crique boueuse, boueuse, Où le silence pesait si lourd qu’on osait à peine parler! Sur la route de Mandalay… Mais tout cela, c’est table rase derrière moi. Il y a bien longtemps et c’est très loin, Il n’y a pas de bus entre Bank et Mandalay; Et j’apprends ici, à Londres ce que disent les vétérans: « Si vous avez entendu l’appel de l’Orient, vous n’aurez jamais besoin de rien d’autre » Non!vous n’aurez besoin de rien d’autre Que ses fortes senteurs d’épices, Et du soleil et des palmiers et des clochettes du temple qui tintent Sur la route de Mandalay… Je suis fatigué d’user mes semelles sur ces pavés râpeux, Et cette fichue bruine Engliche réveille la fièvre dans mes os; Même si je me promène avec cinquante bonnes, de Chelsea au Strand, Elles parlent abondamment d’amour, mais Dieu, qu’en connaissent- elles? Visage bovin, mains sales, A l’Ordre! Qu’en connaissent-elles? J’ai une jeune fille plus nette, plus douce, dans un pays plus propre et plus vert! Sur la route de Mandalay… Emmène-moi quelque part à l’est de Suez où le meilleur est comme le pire, Où il n’y a pas de dix commandements et où tout homme peut boire jusqu’à plus soif; Car les clochettes du temple appellent, et c’est là-bas que je voudrais être_ A Moulmein près de la vieille Pagode, regardant paresseusement la mer; Sur la route de Mandalay, Où la vieille Flottille est en panne, Avec l’infirmerie sous le taud quand nous allâmes à Mandalay! O la route de Mandalay, Où jouent les poissons volants, Et l’aurore se lève comme l’orage, en Chine, de l’autre côté de la Baie! Extrait de: 1892, Barrack-Room Ballads
Mandalay invite à une réflexion sur l’amour et la nostalgie, engageant chaque lecteur à se souvenir des lieux qui ont marqué leur propre histoire. N’hésitez pas à explorer davantage les œuvres de Kipling et à partager vos impressions sur ce poème intemporel.
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