A Une Jeune Passagère est un poème écrite par Joseph Autran en 1859, qui évoque la fascination et l’angoisse ressenties par une jeune fille contemplant les forces irrésistibles de la mer. Face à une tempête déchaînée, le poète questionne le besoin d’aventure et les désirs enfouis. Cette œuvre reste significative pour sa capacité à capturer la complexité des émotions humaines face à la nature.
Quoi! Vous à pareille heure ici, belle inconnue! Étrangère, et pour moi cependant déjà sœur! Vous, si jeune et si frêle, êtes aussi venue Admirer l’ouragan dans toute sa noirceur! Quoi! Pour l’étudier, cette mer en colère Dont les flots mugissants bondissent par troupeaux, Vous avez, sous le pont, laissé votre vieux père Et le hamac flottant qui donne le repos! Ce qu’il vous faut, enfant, ce ne sont point, sans doute, Ces vents fougueux, ce ciel de ténèbres tendu, Ces flots où le navire en vain cherche-sa route, Comme dans une steppe un aveugle perdu. Non! Ce qu’il vous faudrait à vous, ô jeune fille, Ce serait un doux soir de Naples, où nous allons, Une nuit de printemps, quand tout l’azur scintille, Quand le rossignol chante à l’écho des vallons; Ce serait la villa des collines heureuses, Où, penchée au balcon de parfums inondé, Vous pourriez aspirer les brisés langoureuses, Et voir luire un ciel bleu, d’étoiles tout brodé. Et pourtant vous venez, sur le pont du- navire, Contempler cette mer qui se creuse en tombeaux, Interroger la voix du flot qui se déchire, Et des vents engouffrés aux voiles en lambeaux! Dites ! Qui vous a fait, à vous pareille aux anges, Cet attrait du péril, ce besoin de terreurs? D’où te viennent, enfant, ces caprices étranges? D’où te vient cette soif des suprêmes horreurs? L’aube au front souriant n’aime pas le nuage, La colombe n’a pas les instincts de l’aiglon: Qui donc a mis en toi, sous ce tendre visage, L’amour du fauve éclair et de l’âpre aquilon? Ah ! Je le sens: il est, à l’époque où nous sommes, Un terrible démon qui court de toute part, Oui souffle dans le cœur des enfants et des hommes, De la vierge naïve et du morne vieillard. Travaillés nuit et jour d’une sombre folie, Nous sommes tous enfants d’un siècle infortuné; Et toute jeune fille est la sœur d’Amélie, Ainsi que tout jeune homme est frère de René. Et nous aspirons tous, pauvre foule inquiète, Vers quelque Dieu caché que rien ne dévoila; Et nous le poursuivons jusque dans la tempête, Et nous disons partout: — Il est peut-être là! Extrait de: 1859, Les Poèmes de la Mer
Ce poème de Joseph Autran nous pousse à réfléchir sur notre propre quête de sens et de danger dans nos vies. N’hésitez pas à explorer d’autres œuvres de cet auteur ou à partager vos réflexions sur ce texte fascinant.
Écrire un avis
Utilisation des poèmes
Tous les poèmes publiés sur UnPoème.fr sont libres d’utilisation et rédigés avec soin, sauf indication contraire.
Vous pouvez les utiliser pour vos projets personnels, scolaires, créatifs ou professionnels, à condition de mentionner simplement notre site comme source.
Libres de droits
Textes uniques
Mention du site appréciée
⚠️ Exception : certains poèmes, notamment ceux de la catégorie poésie classique ou ceux soumis par des lecteurs, peuvent avoir des conditions particulières. Dans ce cas, une mention spécifique sera indiquée à la fin du texte.
Profitez-en avec respect, poésie et bienveillance.
