Le poème ‘Chanson D’argot’ de Jules Verne nous plonge dans un univers coloré où le langage populaire est à l’honneur. À travers cette oeuvre, Verne offre une critique sociale empreinte d’humour et de légèreté, tout en abordant les réalités de la vie des classes populaires. Cette exploration linguistique et sociétale reste d’une grande actualité, incitant à réfléchir sur les luttes et les aspirations humaines.
J’commençai par être un pante, J’t’ais, j’crois même’un daim huppé ; Mais c’t’état n’a rien qui m’tente, Et j’grinchis, m f… du pré. Et d’vant la carline, Près d’être fauché, D’Meg ‘ et d’boulanger F… toi d’ça fourline. J’grinchis d’abord quequ’toquante, J’pris la filoche à Chariot ; Mais l’fortune était trop lente, A m’faisait croquer le marmot. Et d’vant la carline Si l’on va t’faucher D’Meg et d’boulanger F… toi d’ça, fourline. Et pis, j’m’embêtai des railles Qui m’faisaient qu’battre l’autif ; Mais, malgré toutes ces canailles, Fallait ben avoir d’I’artif. Et d’vant la carline Si l’on veut t’faucher D’Meg et d’boulanger F… toi d’ça, fourline. N’ayant ren dans la gargoine Pour manger, ni pitancher, Ni pas mêm’de la tréfouaine, Que je n’pouvais chiffarder ! Et d’vant la carline Si l’on veut t’faucher D’Meg ‘ et d’boulanger F… toi d’ça, fourline. Comme rien d’mieux dans la Sorbonne N’aboulait, au lieu d’gouëpeur, M’f… pas mal et du cône D’haut ! peg ! je m’fis chourineur. Et d’vant la carline Si l’on veut t’faucher D’Meg et d’boulanger F… toi d’ça, fourline. J’avais une têtard’ de largue ; Comm’un’girond’ qu’ai était A s’donnait aux homm’, puis nargue, J’arrivais, on les butait. Et d’vant la carline Si l’on veut t’faucher D’Meg et d’boulanger F… toi d’ça, fourline. Je m’iassai de ma gosseline ; Sur le trimar, je r’froidis J’m’en fis comme d’une vraie tontine, Qu’c’était un vrai paradis. Et d’vant la carline Si l’on veut t’faucher D’Meg et d’boulanger F… toi d’ça, fourline. Bref des g… d’escarp’me prirent, On avait mangé sur moi ! J’dis qu’c’tait faux, mais ils s’mire’à rire, J’ portai ma tronche à la loi ! Et d’vant la carline Si l’on veut t’faucher D’Meg et d’boulanger F… toi d’ça, fourline. Les curieux s’moi l’en colère, Voulaient m’donner à Chariot. Mon rat d’prison que j’révère, D’moi, fit faire une long fagot. Et d’vant la carline Si l’on veut t’faucher D’Meg et d’boulanger F… toi d’ça, fourline. D’pré, sans baiser la camarde, J’décarrai, je r’commençai Mais, bah ! grâce à quequ’bavarde, SuTtrimar, j’fus en flaque. Et d’vant la carline Si l’on veut t’faucher D’Meg et d’boulanger F… toi d’ça, fourline. De c’coup, les raill’ me mouchèrent, Comme un vrai bon ferlampier. Passé singe, ils m’arqu’pincèrent J’n’eus plus d’crainte de bilarder. Et d’vant la carline Si l’on veut t’faucher D’Meg et d’boulanger F… toi d’ça, fourline. Malgré m’n’atout, et ma balle Les curieux n’mont pas manqué ; J’eus un’bonne fïèv’cérébrale Et mon linge, fut lavé. Et d’vant la carline Si l’on veut t’faucher D’Meg et d’boulanger F… toi d’ça, fourline. A l’heure où j’aurai mon compte, Où l’on m’coup’ra le sifflet, J’montrerai comme un zig monte, A l’abbay d’Mont-à-Regret. Et d’vant la carline Si l’on veut t’faucher D’Meg et d’boulanger F… toi d’ça, fourline. Hé ! qu’on m’esbign’une cholette , A la place du sanglier ; Bah ! je m’moque de ma muette ; Dépêchez-vous de m’faucher. Et d’vant la carline Si l’on veut t’faucher D’Meg et d’boulanger F… toi d’ça, fourline.
L’univers poétique de Jules Verne invite à découvrir davantage ses œuvres, pleines de nuances et de réflexions sur notre société. N’hésitez pas à partager vos impressions sur ‘Chanson D’argot’ et son approche unique de la langue.
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