Le poème ‘Chant du Chien’ de Jean-Philippe Salabreuil nous plonge dans une réflexion profonde sur la nature du lien entre l’homme et le chien. À travers des images évocatrices, Salabreuil offre un regard poignant sur la vie, la mort et la fidélité canine. Ce poème, écrit au 20ᵉ siècle, résonne encore aujourd’hui par son exploration sensible de ces thèmes universels.
Saint François et La Fontaine Essenine et Supervielle ! C’est ce chien de Salabreuil Avec sa pelisse en deuil Qui vous jappe cantilène Au bord du poème obscur Depuis sa niche d’étoiles Et l’ombre à son souffle impur Se replie au creux du :nonde Quelle honte quelle honte Vous êtes en plein soleil Et des lambeaux de sommeil Faseyent sur vos épaules Quand passe dans la nue molle Un tourbillon d’or poisseux Mais voici que parmi ceux Qui se lèvent tôt sur terre Vous prêtez à la lumière Votre oreille en papier blanc Et ma voix de chien descend Noire depuis cette vie Sur ces fleurs qu’elle déplie Comme fait l’aube au printemps Avec celles éclatantes Des vieux pommiers pour qu’y entre Le bourdon lourd et encreux Du jeune orage d’avril Ne soyez pas mécontents Ce chien fou avec sa queue Fouette ce n’est pas facile Un lait d’astres poussiéreux Non sans mouches ni taons bleus Souvenez-vous l’air s’attarde Un soir de mauvaise garde A l’odeur de foin coupé Dans des profondeurs sans âge Puis l’os long d’un paysage Un peu de lune à laper Qu’on nous jette de la route Bouillon triste maigre croûte Pour que meure la chanson Au mâchis des rogatons Mais c’est à minuit que hurle A la mort le jeune chien Moi j’ai peur et le vent tourne Autour de tout et de rien Et je le sens qui me flatte Soulève abaisse ma patte Je grogne de vieille peur J’aboie après des lueurs Vagabondes qui m’entraînent Ayant rompu toutes chaînes Pardonnez-moi de toujours Vous chercher au loin du jour Me lamenter à vos trousses Quand votre mort est si douce Et si grand votre plaisir A marcher seul et n’offrir Plus aucun chant au silence Pardonnez-moi ma constance A vous suivre et vous trouver Ma gueule jamais lavée Mes ongles rongés de boue Lorsque je me tiens debout A votre épaule très chaude Ma langue pend j’ai faim l’ode Mauvaise me met en soif Je ne suis sûr de rien sauf Que toute une vie radieuse Me fut donnée mais lépreuse La fis pour mourir au coin Noir du paradis des chiens.
À travers ce poème, Salabreuil nous invite à réfléchir sur la beauté et la douleur de l’amour inconditionnel que nous offrent nos compagnons à quatre pattes. Pour ceux qui souhaitent explorer davantage son œuvre, chaque vers résonne comme un écho de notre propre expérience de la vie et de la perte.
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