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L’Autobus Ivre

L’Autobus Ivre de Jean Pellerin est un poème captivant qui évoque le tumulte du voyage urbain à travers des images saisissantes. Écrit au 20ᵉ siècle, ce poème reflète la complexité des émotions humaines face à la modernité et à la désillusion. En parcourant les rues déchaînées, Pellerin nous invite à vivre une ivresse collective, où chaque mot résonne comme une aventure sans fin.
Comme je descendais une rue impossible, Je ne me sentis plus guidÃĐ par le chauffeur. Des grÃĐvistes hurleurs le choisissant pour cible L’ÃĐcartelaient tout nu sur le seuil d’un coiffeur. J’ÃĐtais insoucieux des cargaisons moroses. Porteur de ronds de cuir, d’un contrÃīleur hongrÃĐ, Je quittai mon chemin comme un vers sort des proses ; Le volant m’a laissÃĐ me ruer à mon grÃĐ. Dans les hululements farouches de la rue, Moi, l’autre jour, plus fou qu’un cerveau d’ÃĐlÃĐphant, Je bondis, et l’avion qui pÃĐtarade et rue N’a pas connu d’envol plus large et triomphant. Et je me suis saoulÃĐ de la ville conquise, Des vitrines, miroir parÃĐ comme un ÃĐtang, Du pavÃĐ savoureux oÃđ, confiture exquise Et fraÃŪche, un ÃĐcrasÃĐ joyeux parfois s’ÃĐtend. Je sais les pastels mous sur les quais en dÃĐlire, La poubelle accroupie et brÃŧlant ses parfums. L’immeuble de carton vibrant comme une lyre Pleurant à mon galop tous ses rÊves dÃĐfunts. J’ai suivi librement vos chaÃŪnes d’ÃĐmeraudes, Baisers phosphorescents, lampadaires à arc, Peignoirs ÃĐclos d’amour devant les maisons chaudes, Somnolence viride et revÊche du parc. Et moi, l’autobus G, au vilebrequin ivre, Avaleur de refuge et peigneur de trolleys, Plus affamÃĐ d’essence et d’azur qu’une guivre, Raclant mes garde-boue au ventre des palais, Je regrette le calme et morne itinÃĐraire, Le wattman orgueilleux, au signe inattentif, La voix du quÃĐmandeur hargneux de numÃĐraire, L’arrÊt obligatoire et le facultatif. Assez! J’ai trop chauffÃĐ! J’ai vidÃĐ tout mon rÊve! Le macadam est fade et sent le galipot. Que fondent mes segments, que mon rÃĐservoir crÃĻve, Que s’ÃĐvade une roue et que j’aille au DÃĐpÃīt!
En conclusion, ‘L’Autobus Ivre’ nous pousse à réfléchir sur notre rapport à la ville et à notre propre état d’esprit. N’hésitez pas à découvrir d’autres œuvres de Jean Pellerin pour enrichir votre expérience poétique.

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